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Une dernière visite dans mon rucher d’Ardèche m’amenait ce we à quelques travaux d’automne et à la fin de ma récolte de miel toutes fleurs. (miam)
Elle me conduisait aussi à sauver la planète…
La mise en hivernage n’est pas un travail laborieux, c’est comme un au revoir à ses colonies qu’on va chouchouter une dernière fois sous le soleil, pour qu’elles passent le meilleur hiver possible. On « ferme les portes » en plaçant une grille en fer devant l’ouverture principale de la ruche afin que les nuisibles et prédateurs ne viennent pas squatter ou se servir dans le garde manger. On fait un dernier traitement anti varroa, on laisse quelques provisions (sucre liquide) car les hivers peuvent être long et on croise les doigts pour que tout se passe bien d’ici la prochaine visite dans quelques mois.
Les abeilles n’ont déjà plus grand chose à butiner, elles vont bientôt rentrer en hivernage, et attendre le printemps prochain en se gobergeant du miel qu’elles ont provisionnés durant tout l’été.
(un seau de sirop, ça a cette tête)
Après mon inspection, une dernière récolte et quelques soins, donc, je jetais un dernier coup d’œil à la dernière ruche sur laquelle je travaillais. Mon regard se pose au sol -l’œil de l’inspecteur des travaux finis- et c’est là que le Bruce Willis qui sommeille en moi s’éveille et m’amène au geste héroïque qui sauva ma colonie, donc un peu de biodiversité, donc la planète (c’est bien ce que je disais) :
Là, au sol, dans l’herbe, au pied de ma ruche, la reine était posée, immobile, vouée à une mort certaines car elle est infichue de voler (feignasse) et vouant à une fin tragique sa propre colonie qui n’aurait même pas une petite larve à se mettre sous la mandibule pour en faire une nouvelle reine, car c’est plus la saison. Pourquoi diable était elle là ? comment donc y était elle arrivée ? Dans les films américains on ne réfléchi pas tant, on agit, je vous fais donc Bruce Willis: je ramasse la reine, je la place sur la planche d’envol, je lui susurre un conseil humoristique à l’oreille (l’humour à la Willis, toujours !) et je la pousse d’un souffle hollywoodien vers l’entrée de sa ruche, qu’elle réintègre promptement dans un délire de confettis, accompagnée des envolées lyriques d’une musique lénifiante, sous les regards humides des téléspectateurs et …
Enfin bref, j’ai sauvé ma colonie, j’ai donc sauvé la planète !
(ben quoi?!)
PS : comme on n’est pas dans un film hollywoodien, j’ai réfléchi aux raisons de la fugue de ma reine hors de la ruche : elle était peut être très proche de l’entrée lorsque j’ai enfumé pour ouvrir, prise de panique elle sera peut être sortie ??? ou peut être qu’elle vivait sa crise de la quarantaine et alors j’ai détruit ses efforts d’émancipation. Apiculteurs avertis qu’en pensez vous ?